Les Æthers

Ordinateurs et smartphones, et toute déclinaison de nos technologies modernes font voyager nos doubles électromagnétiques d’un bout à l’autre de la planète. Ils errent parfois indéfiniment dans l’atmosphère ; nous sommes tous devenus médiums. Aux ondes cosmiques et aux rayons gamma qui saturent le vide au travers duquel nous communiquons s’ajoutent des voix humaines, des messages personnels, des discussions collectives, des informations essentielles, des anecdotes…

C’est à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle que l’invisible commence à se voir. Chimistes, physiciens, ingénieurs, inventeurs, médiums, théosophes et autres savants, s’immergent collectivement dans un grand bain de substances distinctes de la matière, mais pas moins réelles. Ce milieu – que certains appellent « éther » et d’autres « fluide » ou « corps » – est traversé par des forces, des effluves, des ondes qui émanent des êtres animés et inanimés : les rayons cosmiques, les pensées des humains, les flux vitaux des plantes, les énergies des médiums, la voix des morts…ce à quoi s’ajoute aujourd’hui données satellites, wifi, ondes radio, conversations téléphoniques…

Chacun à leurs manières, chimistes, physiciens, ingénieurs, inventeurs, médiums, médecins et théosophes imaginent – parfois ensemble – des appareils pour détecter et exploiter toutes ces forces. Ce faisant, ils détournent des appareils tout juste inventés ou en découvrent de nouveaux qui seront parfois réalisés et utilisés à d’autres fins : biomètre, dynamomètre, sténéomètre, psycosope, nécrophone, psychophone, machines à mouvement perpétuel, phonographe, télégraphe, téléphone…Tous ces appareils sont des assemblages composites d’instruments de mesure, de substances chimiques, de dispositif physique, de corps humains…Ils ne cachent pas qu’ils sont façonnés par les forces qu’ils détectent autant qu’ils les façonnent.

Ils rendent les forces tangibles en traduisant leurs effets sous la forme d’images photographiques, de graphes tracés, de mouvements d’objets, de sons étranges…

Cet épisode de la science du XIXe siècle recèle des possibilités inexplorées pour rendre sensible la densité du vide à travers lequel nous communiquons. Ondoscope les rouvre pour imaginer d’autres rapports à ce que nous ne voyons pas.

Deborah Levy

Une production Le Fresnoy studio national des arts contemporains et le festival Ososphère (2019-2020)

Collaborations:

Deborah Levy

Baptiste de la Gorce

Pierre Lelay

L’installation Ondoscope matérialise en direct les variations électromagnétiques du lieu d’exposition. Une antenne scanne le lieu à la recherche des fantômes électromagnétiques qui le traverse. Un programme traduit ces flux en vibrations mécaniques, rendus visibles par huit cordes se modulant selon les intensités et la nature de ces ondes. Un oeillton propose au spectateur de regarder au travers, il aperçoit alors des effluves qui émanent des cordes, transcodant l’ air, telle de minuscules variations à l’ origine des phénomènes sonores qui se matérialise sous nos yeux.

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'Apareils', écriture Deborah Levy

Dix petits textes décrivent des expériences, protocoles, actions que des personnages mettent en place pour voir, communiquer, toucher et sentir ces æthers. Tous ces ‘appareils’ ont été fabriqués ou imaginés entre 1852 et1939, en Europe et aux États-Unis.

Consultations:

- Université de Lille

- Association Jonckheere

- Club radio de Wasquehal

Computers and smartphones, and all declination's of our modern technologies make our electromagnetic doubles travel from one place of the planet to another. Sometimes they wander indefinitely in the atmosphere; we have all become mediums. From cosmic rays to gamma rays that saturate the emptiness through which we communicate, to whom we can add human voices, personal messages, collective discussions and data.

From the second half of the XIX th century the invisible starts to be seen. Chemists, physicians, engineers, inventors, mediums, theosophists and other erudite collectively immerse themselves in a big bath of substances. distinct of matter, but not less real. This environment that some may call “ether” or others “fluids” or “bodies” are woven by forces, fluids and waves that emanate from animated or inanimate beings: cosmic rays, human thoughts, vital fluids of plants, mediumnistic energy's or the voices of the dead..to which we can add our modern telecommunications such as satellites, WiFi signals, radio waves and telephone conversations.

Each in their manner, chemists, physicians, engineers, inventors, mediums, doctors and theosophists imagine, sometimes together, devices to detect and explore all of these forces.They hack freshly invented devices or discover new ones that can be assembled and used for other purposes: biometer, dynamometer, stenometer, psycoscope, necrophone, psychophone, perpetual movement machines, phonograph, telegraph, telephone...All these devices are composite assemblies of measuring instruments, chemical substances, physical devices, human bodies...They do not hide that they are shaped by the forces they detect as much as they shape them.

Forces become tangible as their effects are translated in the form of photographic images, plotted lines, movements of objects or strange sounds… This episode of the XIXth century conceals unexplored possibilities of ways we communicate through the void.

Deborah Levy

A production Le Fresnoy studio national des arts contemporains and co production Ososphère (2019-2020)

Collaborations:

Deborah Levy

Baptiste de la Gorce

Pierre Lelay

The installation Ondoscope materialists in real time the electromagnetic variations of the exhibition space. An antenna scans the space searching for our electromagnetic ghosts. A code translates these fluxes in mechanical vibrations, made visible through 8 strings that are modulated by the intensity and nature of these waves.

An eye hole invites the spectator to look through and perceive minuscule vibrations in the air, at the origin of a physicality of sound that takes place in front of our eyes.

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'Apareils' (devices)  textes by Deborah Levy,

Ten small texts describe experiences, protocols, actions that the characters setup to see, communicate, touch and feel these æthers. All ‘devices’ were made or imagined between 1852 and 1939 in Europe and the Unites States.

Consultants:

- Université de Lille

- Association Jonckheere

- Club radio de Wasquehal